La façon la plus habituelle d'obtenir un échantillon du foie consiste à insérer une aiguille dans le foie pendant une fraction de seconde. Cette procédure peut être réalisée à l'hôpital et, en l'absence de complications, le patient peut retourner chez lui trois à six heures plus tard. Le médecin se base sur l'examen physique ou l'échographie pour déterminer le meilleur endroit, la meilleure profondeur et le meilleur angle de la ponction. Après avoir anesthésié la peau et la zone sous-cutanée, le médecin enfonce puis retire rapidement une aiguille dans le foie. Environ la moitié de ces patients ne ressentent aucune douleur par la suite ; les autres peuvent ressentir brièvement une douleur localisée irradiant parfois vers l'épaule droite.
Une autre technique utilisée pour la biopsie du foie consiste à guider l'aiguille dans le foie en passant par l'abdomen ou la cage thoracique en utilisant diverses techniques d'imagerie. On utilise cette approche quand l'échographie ou la tomodensitométrie a permis d'identifier la présence de tumeurs localisées. Ces mêmes techniques d'imagerie permettent de localiser avec précision le site de la tumeur et de guider l'aiguille à cet endroit spécifique au travers de l'abdomen ou de la cage thoracique. Après la procédure, le patient peut en général rentrer chez lui le même jour.
La biopsie par laparoscopie, la biopsie par voie transveineuse ou transjugulaire et la biopsie chirurgicale du foie sont des techniques moins fréquemment utilisées. Dans le cas de la laparoscopie, le médecin insère un tube fin muni d'une lampe dans une petite incision pratiquée dans la paroi abdominale. Les organes internes sont préalablement éloignés de la paroi par l'introduction de gaz dans l'abdomen. Le médecin peut glisser l'instrument de biopsie dans le laparoscope ou dans des incisions séparées pour obtenir des échantillons de tissu hépatique de plusieurs endroits du foie. Les patients qui subissent cet examen peuvent quitter l'hôpital quelques heures plus tard.
Le radiologue peut réaliser une biopsie du foie par voie transveineuse ou transjugulaire dans certains cas spéciaux, par exemple quand le patient a un problème grave de coagulation (coagulopathie) ou en présence d'une grande quantité de fluide dans l'abdomen (ascite). On recommande ainsi la biopsie par voie transjugulaire pour les patients ayant atteint un stade avancé de cirrhose. Pour cette procédure, le spécialiste glisse un petit tube dans la veine jugulaire interne au niveau du cou, qu'il guide sous image radiologique dans la veine hépatique qui draine le foie. Puis il insère une petite aiguille à biopsie dans le tube et directement dans le foie pour obtenir un échantillon de tissu hépatique.
Enfin, on peut également procéder à une biopsie du foie au cours d'une intervention chirurgicale abdominale qui permet au chirurgien d'inspecter le foie et d'obtenir un ou plusieurs échantillons selon les besoins.
On utilise souvent la biopsie du foie pour établir la cause d'une maladie chronique du foie suggérée par des résultats élevés aux tests de la fonction hépatique ou la présence d'un gros foie. On l'utilise également pour établir le diagnostic des tumeurs du foie identifiées par les examens d'imagerie. Dans bien des cas, les examens du sang permettent d'avoir une bonne idée de la cause spécifique de la maladie chronique du foie, mais la biopsie permet de confirmer le diagnostic et de déterminer l'importance de l'atteinte hépatique. On utilise également la biopsie du foie après la greffe du foie pour déterminer la cause de résultats élevés aux tests de la fonction hépatique et déterminer s'il y a rejet d'organe.
Le principal risque de la biopsie du foie est le saignement au niveau de pénétration de l'aiguille dans le foie, bien que cela ne se produise que chez 1 % des patients. Les autres complications possibles incluent la pénétration de l'aiguille dans d'autres organes, comme le rein, le poumon ou le côlon. Si on procède par erreur à une biopsie de la vésicule biliaire au lieu d'une biopsie du foie, on peut provoquer un écoulement de bile dans la cavité abdominale, entraînant la péritonite. Heureusement, le risque de décès lié à la biopsie du foie, qui varie de 0,1 % à 0,01 %, est considéré comme extrêmement faible.
Pour réduire le risque de saignement, on évalue la fonction de coagulation de tous les patients avant de procéder à la biopsie. Si le temps de prothrombine (temps de coagulation) est trop long ou si le compte de plaquettes est faible, la biopsie habituelle n'est pas recommandée. On peut administrer de la vitamine K ou du plasma frais congelé pour corriger les anomalies de la coagulation avant de procéder à la biopsie. Une autre possibilité consisterait à réaliser une biopsie transjugulaire.
La principale approche permettant d'éviter la biopsie du foie consiste à établir le diagnostic d'une maladie du foie en se basant sur l'examen physique du patient, ses antécédents médicaux et les résultats des examens du sang. Dans certains cas, les examens du sang révèlent au médecin les renseignements requis pour établir le diagnostic de maladie chronique du foie ; dans d'autres cas, une biopsie se révèle nécessaire pour établir un diagnostic précis.