La tyrosinémie

La tyrosinémie

La tyrosinémie héréditaire est une erreur génétique du métabolisme associée dès la première enfance à une grave maladie du foie. La maladie est transmise de manière récessive autosomale, ce qui signifie que pour développer la tyrosinémie, on doit avoir hérité deux gènes défectueux, un de chaque parent. Dans les cas où les deux parents sont porteurs du gène de la maladie, le risque qu’un enfant en soit atteint est de un sur quatre.

Dans le monde, une personne sur 100 000 est tyrosinémique, mais la maladie est particulièrement fréquente dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean, Québec où un individu sur 20 est porteur du gène défectueux et une personne sur 1846 en est atteinte.


La cause

La tyrosine est un acide aminé présent dans la plupart des protéines animales et végétales. Le métabolisme de la tyrosine chez les humains a lieu surtout dans le foie.

La tyrosinémie est causée par l’absence de l’enzyme fumarylacétoacétate hydrolase (FAH) essentielle au métabolisme de la tyrosine. L’absence de FAH entraîne une accumulation de produits métaboliques toxiques dans divers tissus du corps qui résulte alors en des lésions progressives au foie et aux reins.

Les symptômes

Les caractéristiques cliniques de la maladie tendent à se situer dans deux catégories, aiguë et chronique.

Les traits cliniques de la maladie tendent à se situer dans deux catégories, dite aiguë et chronique. En ce qui concerne la forme aiguë de la maladie, les anomalies apparaissent dès le premier mois de la naissance et peuvent inclure: un faible gain de poids, un foie et une rate volumineux, un abdomen distendu, des jambes enflées, et une tendance accrue à saigner facilement, en particulier du nez. La jaunisse peut être très marquée, mais pas nécessairement. Malgré une thérapie énergique, la mort par insuffisance hépatique survient fréquemment entre les âges de trois à neuf mois à moins qu’une greffe du foie soit effectuée.

Dans l’autre catégorie, la tyrosinémie prend une forme plutôt chronique, avec une apparition plus graduelle et des signes cliniques moins graves. Chez ces enfants, l’augmentation de volume du foie et de la rate est évidente, l’abdomen est distendu par de l’ascite, le gain de poids est parfois faible, la diarrhée et les vomissements se produisent fréquemment. La maladie évolue habituellement vers la cirrhose du foie et ses complications. Ces enfants requièrent eux aussi une greffe du foie.

Le diagnostic

Le diagnostic peut être établi à partir de tests sanguins et d’analyses d’urine. Les tests du foie sont souvent anormaux aussi bien dans sa forme aiguë que chronique. On trouve généralement des taux d’albumine sérique et de facteurs de coagulation abaissés. Le taux des transaminases est de faiblement à modérément élevé, tandis que la bilirubine est augmentée de façon variable. À cause du défaut biochimique de base, des produits anormaux peuvent apparaître dans l’urine que l’on peut mesurer afin d’établir le diagnostic.

Le diagnostic prénatal est possible et peut être pratiqué en mesurant les taux de succinylacétone ou de FAH dans le liquide amniotique.

Le gène de la FAH a été découvert en 1992 par le docteur Robert Tanguay, chercheur à l’Université Laval. En 1994, le chercheur mettait au jour une des mutations de ce gène, une mutation dite d’épissage, qui touche 96 % des tyrosinémiques du Saguenay-Lac-St-Jean. En plus du diagnostic prénatal déjà existant, cette percée a permis au docteur Tanguay de mettre au point un test moléculaire qui détecte les porteurs de cette mutation. Les couples ont donc désormais la possibilité de savoir quels sont les risques qu’ils courent d’avoir un enfant tyrosinémique.

Le traitement

On a coutume de soumettre les nourrissons atteints à un régime faible en phénylalanine, métheionine et tyrosine. Étant donné que la tyrosine est présente dans les viandes, les produits laitiers et autres aliments riches en protéines comme les noix et les haricots, il faut donc éviter ces aliments. Une attention stricte à l’alimentation et à l’ingestion adéquate de vitamines et de minéraux ne guérit pas la tyrosinémie mais aide à contrôler les anomalies métaboliques et à favoriser le développement normal et la croissance.

En plus de modifier la diète, le traitement avec la nitisinone (aussi connue comme NTBC, une abréviation de son nom chimique complet) s’est avéré bénéfique. Des études à long terme sont nécessaires pour déterminer si ce médicament peut prévenir ou seulement retarder les complications hépatiques. La greffe hépatique est présentement le seul moyen efficace d’établir une activité enzymatique normale et de traiter la maladie lorsqu’elle a atteint les stades avancés.

Soutien

Ligne d’aide nationale:
Cette ressource vous donne, à vous et à vos proches, un endroit où obtenir des réponses après le diagnostic, vous aide à comprendre la maladie et vous fournit les ressources dont vous avez besoin. Appelez au 1 (800) 563-5483 du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, heure de l’Est.

Réseau de soutien par les pairs:

Mis sur pied par la Fondation canadienne du foie, ce réseau national est composé de personnes atteintes d’une maladie du foie qui ont offert de partager leur expérience. Il permet aux Canadiens comme vous qui ont un membre de la famille ayant développé une maladie du foie, qui prennent soin d’une personne souffrant d’une maladie du foie ou qui ont reçu un diagnostic de maladie du foie de parler de leurs préoccupations avec quelqu’un vivant une situation similaire.

Si vous souhaitez être mis en contact avec un pair dans votre région ou vous joindre au réseau de soutien par les pairs, appelez la Ligne d’aide nationale au 1 (800) 563-5483 ou envoyez un courriel à Billie Potkonjak.

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